La fête de l'humanité

 

     À la fête de l'humanité, les organisateurs invitent des artistes qui, non seulement ne sont pas du Parti Communiste mais n'ont pas, non plus, des idées « spécialement de gauche »...

Par exemple du temps de Georges Marchais, fut invité Johny Halliday... Et les gens, d'ailleurs, préférèrent en premier lieu, entendre Johny plutôt que d'écouter le discours de Georges Marchais (qui fut donc un peu retardé)...

Depuis de nombreuses années qu'existe la fête de l'humanité en septembre, il en est ainsi : des artistes « qui ne sont pas forcément de gauche » sont invités.

Est-ce que les artistes invités, « adaptent » leur répertoire pour autant ?

Bien sûr vous me direz : « c'est une question de pognon : cela fait des entrées et donc des recettes »... Si c'est cela et rien que cela, alors mon propos – et tout ce qui va suivre – n'a plus aucun sens...

S'il en est ainsi à la fête de l'humanité, pourquoi n'en serait-il pas de même par exemple, lors d'une fête, d'un congrès ou d'une manifestation de l'UMP... Ou même du Front National ?

À ma connaissance les organisateurs d'une fête de l'UMP n'invitent pas des artistes « de gauche », engagés ou sympathisants...

Toujours cette question de pognon : il est peu probable (et sans doute inutile) pour l'UMP, qu'un artiste de gauche puisse se révéler une source de recette, car la recette est déjà bien assurée... Et de surcroît, un artiste de gauche ne manquerait pas de puiser dans un répertoire « incendiaire » ou tout au moins fort critique...

La différence entre une fête de l'humanité et une fête de l'UMP, c'est que la fête de l'UMP est la fête d'un parti, pour et avec les membres de ce parti, et pour et avec ceux et celles des participants sympathisants de ce parti... Tandis que la fête de l'humanité comme son nom l'indique, est une fête pour et avec l'humanité qui la compose durant les trois jours de son existence... Une humanité qui n'est pas « de parti » même si la fête est organisée par des gens du Parti Communiste...

Ce qui explique pourquoi il n'y a pas d'artistes de gauche dans une fête de l'UMP... Et que l'on peut voir un Johny Halliday à une fête de l'humanité...

Mais osons « verser » dans le surréalisme et « rêvons très déraisonnablement » : un Jean Ferrat par exemple, né en 1975 au lieu de 1930, invité par des organisateurs d'une fête UMP... et ayant accepté de s'y rendre! Absolument inimaginable!

Je pense, soit dit en passant, à ces « bouffons du Roi et de la Cour de Versailles », gens du peuple et originaires de milieux sociaux très modestes voire misérables (du moins certains d'entre eux)... Exploités certes, par le pouvoir en place ; mais qui néanmoins parvenaient à « faire passer » l'essentiel de leur message... de telle sorte que la société dans son ensemble s'en trouvait interpellée … Restait à déterminer, pour le pouvoir en place, le moment où « la frontière pouvait être franchie »... Chose fort mal aisée d'ailleurs, que de déterminer « à partir de quel moment »... En effet une société n'évolue jamais dans la facilité ni dans le « coulant »... alors même que ce qui la caractérise de tous temps à jamais, c'est précisément le fait qu'elle se « moule » dans la facilité et dans le « coulant 

Est-ce si utopique que cela, ou si incongru ou si déraisonnable... Est-ce si dénué de sens et d'utilité ou de pertinence... D'envisager la venue d'une sorte de « révolution culturelle » qui gagnerait les rangs des différents partis, sans niveler ou faire disparaître les sensibilités, laissant entrer les artistes dans des environnements différents de ceux où ils ont l'habitude ou la préférence de se rendre ?

Les artistes eux-mêmes, et en particulier ceux qui se sentent  engagés  dans un courant de sensibilité, peuvent-ils envisager une telle « révolution culturelle »?

Personne aujourd'hui, ne peut savoir ce que le monde, demain, deviendra...

Tout au plus peut-on « prétendre le savoir », ce qui alors invalide l'idée d'une grande révolution, culturelle, relationnelle ou autre...

Le problème des partis, c'est qu'ils s'approprient des valeurs auxquelles un certain nombre de gens se réfèrent. Et qu'au nom de ces valeurs, ils justifient leur politique... Alors même qu'ils ne servent pour l'essentiel, que des intérêts privés au détriment du plus grand nombre.

Comment un parti peut-il se maintenir s'il ne prend à son compte que les seules valeurs auxquelles les gens en grand nombre ne se réfèrent pas, lorsque ces valeurs sont celles d'une minorité hautement privilégiée? Il faut bien afin de « passer » et d'être élu, prendre aussi à son compte (c'est à dire s'approprier) les valeurs « humanistes et universelles » auxquelles croient beaucoup de gens...

« Et le tour est joué, en avant la musique, et le cirque continue avec ses loges et ses gradins de troisième »...

 

Petite réflexion de ma part :

L'un des faits historiques de l'antiquité, que j'aime bien... C'est l'histoire du cheval de Troie...

 

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