Dans un grand vent de souffles...

 

... qui n'est lui même qu'un souffle dans un vent encore plus grand...

 

Je ne puis souffrir d'entendre ce "discours" tenu par un grand nombre de gens en France et ailleurs, ce "discours" dont la consistance tient en gros, dans ce genre de propos à l'égard de ces "crétins de gauche partageux et rêveurs" : "ce sont bien les riches, surtout lorsqu'ils sont vraiment riches, qui font tourner la boutique et travailler les gens, et il est normal qu'ils soient aussi riches, on ne pourra jamais rien changer à cet état des choses"...

Lorsque, et chaque fois que je me trouve confronté à ce genre de "discours" énoncé et martelé par un si grand nombre de gens, je deviens autiste, révolté... Ou dans mes plus "mauvais jours" même, délinquant...

Et ils martèlent, ils martèlent! Comme s'ils ne croyaient qu'en les seules vertus du pouvoir de l'argent, de la réussite sociale ou du succès...

Je n'aurai jamais d'amis parmi des gens de cette sorte, à moins qu'ils ne comprennent le bien fondé qu'il y a, à ne point accepter de se laisser couler dans le moule d'une pensée aussi unique qu'inique...

Je n'aurai jamais d'amis parmi des gens de cette sorte, à l'exception cependant de ceux d'entre eux qui ont, si conditionnés ou si persuadés soient-ils, cette gentillesse et cette simplicité d'esprit et de coeur, qualités que l'on apprécie toujours...

À dire vrai je me fous complètement de savoir ou de ne pas savoir si les gens sont de telle ou telle religion, de telle "vision du monde", s'ils sont riches ou pauvres, s'ils ont oui ou non "réussi dans la vie"... Dès lors qu'en leur présence je me sens accueilli, dès lors que leur gentillesse et leur simplicité m'émerveillent...

Ce qui me rassure et me réconforte, c'est de constater qu'il n' y a pas que des gens du peuple, des pauvres, des exclus, des gens de la "droite" ou de la "gauche" populaire, qui pensent comme moi que le pouvoir des plus forts et que le pouvoir tout aussi fort de l'argent n'est pas une fatalité ni quelque chose d'absolument normal et devant le plus naturellement, le plus férocement du monde, s'imposer... Mais aussi qu'il existe des scientifiques, des artistes, des écrivains, et des intellectuels qui eux ne "vivent pas dans les nuages" mais dans une confrontation quotidienne avec les réalités du monde, dans les situations, dans les événements, l'actualité...

Il m'arrive aussi d'espérer et de penser que toute cette violence qui sévit un peu partout, et que l'on subit sans cesse autour de soi de la part de tant de gens qu'un rien contrarie et qui paraissent si pressés, si agressifs et si imbus d'eux-mêmes et de ce en quoi ils croient "dur comme fer"... N'est en réalité qu'une peau ressemblant à une croûte rugueuse et craquelée d'une épaisseur incertaine ou indéterminée qu'il suffirait de gratter un peu pour qu'elle disparaisse en partie, découvrant une chair rouge et palpitante, fragile, et que l'on veillerait à ne pas blesser...

 

... Cette vie qui n'est qu'une fois, une seule et unique fois, cette vie que nous vivons telle que nous la vivons, passe comme un souffle...Un souffle en deux mouvements, soit une inspiration et une expiration, un souffle d'oiseau, le souffle de tout être vivant... Un souffle qui, avant, n'avait jamais été et qui, après, ne sera plus... Mais il y a tant et tant de souffles dans le souffle dont le commencement se perd dans l'avant et dont la fin se perd dans l'après ; que tous les souffles ne sont qu'un seul et même souffle d'une même durée intemporelle... C'est peut-être la conscience que nous pouvons avoir, nous les humains, d'être dans ce souffle d'une durée intemporelle, qui fait de notre souffle d'une seule fois, un souffle dans une immense continuité de souffle...

 

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