Perdu en pleine forêt, le château de Linderhof en Bavière

     Ce château est situé à 12 kilomètres avant d'arriver à Oberammergau, en pleine forêt à la limite des frontières Allemande et Autrichienne, dans une région très sauvage et très accidentée des Alpes Centrales...

L'on y accède depuis Füssen, par la ville de Reute, puis en empruntant en territoire Autrichien, la petite route qui passe le long du lac de Plansee, et recoupe la frontière Allemande au col de Ammer-Satte à 1118 mètres d'altitude, proche du Kreuz-Spitze culminant à 2148 mètres.

Le château de Linderhof ainsi que son parc "à la Versailles", ne sont pas visibles depuis la petite route et à 6,5 kilomètres exactement, après le col, une pancarte en indique l'accès qui conduit tout d'abord à un parking (seulement 2, 50 Euro pour la journée)...

De part et d'autre, soit devant et derrière l'imposante demeure de style baroque, s'étend un grand parc aménagé sur le modèle du parc du château de Versailles, dans une magnifique perspective et d'une symétrie remarquable.

Le style baroque s'impose ici dans cette demeure d'une manière tout à fait démesurée : l'on atteint là des sommets dans le genre ! Notamment dans la chambre à coucher de Louis II, en laquelle trône un lit géant de couleur bleue dominante, en alcôve d'au moins 4 mètres de hauteur, qui à mon avis, vaut très largement le lit du Roi Soleil Louis XIV à Versailles. Que de motifs complexes, de sculptures, de dorures et de colonnades torsadées! Quand on pense que le roi Louis II n' a dormi en fait que si peu de nuits par an, dans ce lit !

Le plus surprenant c'est que cette demeure, ce parc, tout ce qui emplit et décore l'intérieur et l'extérieur (le mobilier, les collections d'objets d'art, les tableaux de peinture, les statues de métal ou de pierre, les massifs de fleurs et de plantes, les monuments ouvragés du parc)... Tout cela fut réalisé en seulement quelques années! L'on imagine les heures et les journées de travail, de nombreux artistes et artisans renommés, afin de parvenir à une telle magnificence, à une telle profusion d'architecture, de décors et d'arrangements !

C'est littéralement, un "écrasement du monde" par le luxe, la richesse et le nombre d'objets d'art, et la grandeur, et le style et la complexité et la précision dans le détail, dans cette demeure et en son entourage ; de toutes ces sculptures et statues et bassins avec féeries aquatiques !

Un "écrasement du monde" qui donne la mesure de la profondeur de l'abîme qui s'ouvre entre d'une part, une société minoritaire, possédante et privilégiée de milliardaires, parfois même la seule société d'un prince ou d'un roi et de sa cour... Et d'autre part, une société celle là, immense et faite d'une multitude d'humains vivant dans une grande indigence ou tout au mieux dans une aisance bien modeste avec juste l'essentiel, et habitant de simples maisons, des cabanes, des huttes ou même dormant dans les rues et n'ayant d'autre revenu qu'un salaire de misère à la journée, à la semaine, au mois, au gré des embauches sur des chantiers de construction, dans des ports, sur des navires, dans des ateliers, des usines, des mines ou de petits commerces...

Certes une bonne partie de tous ces monuments et palais historiques et collections d'art, sont aujourd'hui accessibles au public, et constituent un héritage culturel et patrimonial pour l'humanité tout entière... Mais il n'en demeure pas moins qu'aujourd'hui aussi, un certain nombre de ces richesses historiques , collections d'art, demeures princières ou palais ; sont la propriété privée de quelques milliardaires de l'économie, de la finance et de l'industrie mondialisées... Et que de nos jours comme par le passé, des millions de gens du peuple de tous les pays du monde, artisans, ouvriers, hommes et femmes de peine – et enfants même- oeuvrent ou ont oeuvré à la réalisation de ces édifices somptueux, contribué à la croissance démesurée de toutes ces richesses dont profite seulement une minorité d'humains...



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