Pessimisme noir, ou optimisme délirant ?

 

     Suis-je un affreux pessimiste ou un optimiste délirant ? Je n'en sais rien... Peut-être que je “balance” entre une forme de désespoir et une sorte d'espérance et qu'il y a dans cette forme de désespoir ou dans cette sorte d' espérance quelque chose de déraisonnable... Mais c'est ainsi, et je le vis...

À lire certains de mes textes “il fume” pourrait-on dire...

À en lire d'autres “ce sont comme les lèvres d'une très belle femme s'approchant doucement d'une cicatrice qui, déjà électrisée par le souffle de ces lèvres entrouvertes, s'efface...

Mais il y a aussi ce regard d'apache... ou de pirate, qui dit des mots crus et ouvre des trous noirs...

Je ne pense pas que la vulgarité, associée à la médiocrité et à la banalité... soit une fatalité parce qu'on la rencontre partout sur le Net et dans la vie que nous vivons au quotidien : je crois plutôt que la vulgarité associée à la médiocrité et à la banalité est avant tout une réalité, une existence sans laquelle tout ce que l'on peut lui opposer n'aurait pas de sens, pas d'existence du tout non plus...

Je ne pense pas que la “bien-pensance” généralisée dans un monde en régression où le religieux redevient offensif... soit une fatalité parce qu'elle devient autour de nous comme l'air qu'on respire : je crois plutôt qu'elle est tout comme la vulgarité, une réalité à la quelle on peut lui opposer une autre forme de pensée...

Et ce serait là, le “vrai désespoir”, le désespoir absolu : pas d'existence, pas de réalité...comme un tracé linéaire, immobile et sans repères sur un écran muet...

Et cette sorte d'espérance qui va juqu'au délire, c'est justement celle qui dépasse toutes les révoltes possibles et justifiées, et qui ouvre une brèche dans un mur réputé infranchissable : ce mur des habitudes, des croyances, des modes, de tout ce qui doit se croire et se savoir, de tout ce dans lequel on peut se complaire, se vautrer ; et ce mur aussi, de tout ce que l'on peut maudire, contester, exclure, piétiner ou déclarer hors la loi parce que contraire au “sens giratoire”, contraire à nos valeurs personnelles...

Il y a, dans l'espérance à ouvrir la brèche, et de la voir effectivement s'ouvrir de ci de là ; il y a dans l'énergie, l'imagination, l'inspiration et le rêve que l'on met pour que la brèche s'ouvre... quelque chose de plus fou, de plus délirant et de plus heureux, que de connaître une victoire après une bataille.

Et si le mur devait tout entier tomber d'un seul coup, serait-ce encore plus fou, plus délirant et plus heureux que l'ouverture, la seule ouverture dans le mur, d'une brèche ? N'y aurait-il pas sans doute de l'autre côté, un autre mur ?

Gilles Deleuze ne pouvait se faire à l'idée de quelque “finitude” que ce soit...

Avec Albert Camus, c'est le “mythe de Sisiphe” (le rocher qu'il faut indéfiniment remonter jusqu'en haut)...

Sur le Net s'élargissent chaque jour et dans une immédiateté déconcertante, et dans une profusion sans cesse accrue ; de gigantesques univers relationnels et enseignes largement médiatisés, prisés par des constellations de bloggeurs... Cela constitue à mon sens, une opportunité. Cela “allonge le mur, les murs”... Et cela fait donc, beaucoup de brèches à ouvrir. Cela donne une dimension “phénoménale” à cette sorte d'espérance que j'évoque plus haut... C'est pourquoi, il faut y entrer, il faut y tracer, dans ces univers...

Ce qui fait défaut cependant, c'est peut-être l'insolence de la pensée, le “coeur et les tripes”, tels qu'ils étaient du temps d'un Jacques Brel, d'un Coluche, d'un Léo Ferré, d'un Georges Brassens, d'un Jean Ferrat, d'un Serge Gainsbourg, d'un Pierre Desproges ou d'un Cavana...(par exemple).

Il faut que le Net demeure un espace de liberté totale, que tout, absolument tout puisse y exister et s'y exprimer... C'est “l'affaire de chacun” de ne pas se laisser “coloniser” par quelque sensibilité, quelque langage, quelque forme de pensée, quelque incitation à faire, que ce soit... C'est l'affaire de chacun de se dire “à chaque pas que je fais en avant, à chaque brèche que je parviens à ouvrir, je ne colonise pas un territoire ni un espace, mais je rencontre ce que jusqu'à lors je ne savais pas, je dois désormais compter avec ce qui marche contre mes pas”...

Sur le Net – tout comme dans la vie d'ailleurs- ce qui me “désespère” le plus, c'est l'ennemour. Plus encore que la vulgarité associée à la médiocrité et à la banalité, plus encore que la violence, le “m'as-tu-vu-isme”, le “sexe à gogo – et surtout tel que l'on en parle-”, la “démolition en mitraille de l'autre”, et toutes les perversions possibles et imaginables... Mais bon, même l'ennemour est une réalité... Il me faut bien compter avec cette “denrée” !

 

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